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Que devient une concession non renouvelée

Une concession arrivée à échéance et non renouvelée peut être reprise par la commune. Les restes rejoignent l'ossuaire communal, l'emplacement est réattribué. Ce guide détaille les délais, la procédure d'abandon et les droits de la famille.

Chiffres clés des obsèques en France

651 000
décès en France par an (INSEE 2025)
46 %
des obsèques sont des crémations (FFC)
5 044 €
coût moyen d’une inhumation (Odella)
227
crématoriums en France (Résonance Funéraire)

Sources : INSEE (état civil), Fédération Française de Crémation, étude Odella/Silver Alliance, Service-Public.fr. Le taux de crémation varie de 25 % à 55 % selon les départements.

Le principe : un droit d'usage à durée limitée

Une concession funéraire n'est pas une propriété. C'est un droit d'occuper un emplacement du cimetière communal pour une durée définie. La commune reste propriétaire du terrain. Quand la durée souscrite s'achève, ce droit s'éteint, sauf renouvellement. C'est de là que vient la question que se posent beaucoup de familles : que se passe-t-il concrètement si personne ne renouvelle ?

La réponse dépend du type de concession. Une concession à durée limitée suit une règle simple liée à l'échéance. Une concession perpétuelle, elle, ne peut être reprise qu'au terme d'une procédure d'état d'abandon bien plus longue. Les deux cas sont détaillés ci-dessous.

Concession à durée limitée : le délai de deux ans

Pour une concession temporaire, trentenaire ou cinquantenaire, la famille garde deux ans après la date d'échéance pour renouveler. Pendant cette période, l'emplacement reste protégé. C'est une fenêtre de rattrapage essentielle, car beaucoup de proches découvrent l'échéance après coup, la mairie n'ayant aucune obligation de prévenir.

Passé ce délai de deux ans sans renouvellement, la commune retrouve la libre disposition de l'emplacement. Elle peut alors faire procéder à l'exhumation des restes, les déposer à l'ossuaire et réattribuer la sépulture. Aucune indemnité n'est due à la famille, puisque la concession avait pris fin.

Pour éviter d'en arriver là, la marche à suivre est expliquée pas à pas dans notre guide dédié au renouvellement d'une concession funéraire. Tant que le délai court, le renouvellement reste de droit et la sépulture est sauvée.

L'ossuaire communal, destination des restes

Quand une concession est reprise, les restes mortels ne sont pas dispersés au hasard. La loi impose à la commune de les exhumer avec soin et de les rassembler dans un ossuaire, un espace réservé à cet effet dans le cimetière, affecté à perpétuité par arrêté du maire. Le nom des défunts y est gravé ou consigné dans un registre.

Depuis plusieurs années, la commune peut aussi faire procéder à la crémation des restes exhumés, à condition que le défunt ne s'y soit pas opposé de son vivant. Les cendres sont alors conservées ou dispersées dans l'espace prévu, souvent un jardin du souvenir. Ces opérations sont encadrées et tracées, pour préserver la dignité due aux défunts.

Concession perpétuelle : la procédure d'état d'abandon

Une concession perpétuelle n'a pas d'échéance. Elle ne peut donc pas être perdue faute de renouvellement. La seule façon pour une commune de la reprendre est la procédure d'état d'abandon, strictement encadrée par le Code général des collectivités territoriales. Trois conditions doivent être réunies en même temps :

Si ces trois conditions sont vérifiées, la commune dresse un premier procès-verbal d'abandon, qu'elle notifie aux ayants droit connus et affiche en mairie et au cimetière. La loi 3DS du 21 février 2022 a raccourci le délai d'attente entre ce premier constat et le second, qui est passé de trois ans à un an. Ce n'est qu'après ce second procès-verbal que le conseil municipal peut décider la reprise.

Bon à savoir : un simple entretien suffit souvent à interrompre la procédure. Nettoyer la sépulture, redresser une stèle ou se manifester en mairie après le premier constat montre que la concession n'est pas abandonnée. La famille peut ainsi conserver une concession perpétuelle même ancienne.

Les droits de la famille

Face à une reprise, les proches ne sont pas démunis. Plusieurs leviers existent selon la situation.

Anticiper évite la plupart de ces situations. Choisir une durée adaptée dès l'achat, noter l'échéance et prévoir un rappel sont les meilleures protections. Pour comparer les durées et les tarifs avant de souscrire, consultez la page des concessions par département et le guide des prix de concession.

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Questions fréquentes

Que devient une concession funéraire non renouvelée ?

À l'échéance, la famille dispose de deux ans pour renouveler. Passé ce délai sans démarche, la commune peut reprendre l'emplacement. Les restes mortels sont alors exhumés et déposés à l'ossuaire communal, puis la sépulture est réattribuée à une autre famille.

Qu'est-ce qu'un ossuaire communal ?

C'est un espace dédié à perpétuité dans le cimetière, créé par arrêté municipal, où sont rassemblés les restes exhumés des concessions reprises. La crémation des restes y est aussi possible si le défunt ne s'y était pas opposé. Le nom des personnes y figure ou est consigné dans un registre.

Peut-on reprendre une concession perpétuelle ?

Oui, mais seulement au terme d'une procédure d'état d'abandon très encadrée. Trois conditions cumulatives doivent être réunies : la concession a plus de trente ans, la dernière inhumation remonte à plus de dix ans, et la sépulture est visiblement à l'abandon. La commune doit en outre respecter des constats et un affichage réglementaires.

Combien de temps dure la procédure d'abandon ?

Après un premier procès-verbal constatant l'abandon, la commune doit attendre au moins un an avant de dresser un second constat, depuis la loi 3DS de février 2022 qui a raccourci ce délai de trois ans à un an. Ce n'est qu'ensuite que le conseil municipal peut décider la reprise.

La famille est-elle prévenue avant la reprise ?

Pour une concession à durée limitée non renouvelée, la mairie n'a aucune obligation de rappel. Pour une concession perpétuelle en état d'abandon, la procédure impose en revanche d'informer les ayants droit connus, d'afficher les constats en mairie et au cimetière et de laisser le délai légal pour réagir.

Peut-on récupérer les restes avant la reprise ?

Tant que l'emplacement n'a pas été repris, la famille peut demander une exhumation pour transférer les restes vers une autre sépulture. Cette demande se fait en mairie. Une fois les restes placés à l'ossuaire, le transfert reste possible mais devient plus complexe selon l'organisation de la commune.

Sources : Service-Public.gouv.fr (concession funéraire, reprise et renouvellement), Code général des collectivités territoriales (procédure d'état d'abandon art. L2223-17 et L2223-18, ossuaire art. L2223-4), loi 3DS du 21 février 2022 (réduction du délai entre les deux constats d'abandon de trois ans à un an). Dernière vérification : juin 2026.